Accueil / Photos : France -Espagne, Afrique, Bolivie, Perou, Titicaca, Mexique, Japon / Carnet de voyage : Approche du Cho Oyu, de Katmandou, du Cho Oyu, 8 201 m,de Shigatse.de Lhassa le 16 sept./ Livre d'or,/ 'Un an de cabane'
| News : Cho
Oyu, 8 201 m
"ça y est, mais on m'a volé mes
affaires de vélo cachées au pied de la montagne!" Juste après son ascension du 4 octobre, Olaf vient de nous appeler de Tingri, le Village avancé des Everest. Il est parti du camp de base situé à 5600 m dans la pénombre du petit matin pour monter directement au camp 2 à 7200 m où il a rencontré deux sympathiques espagnols. Le lendemain, à 5h, il a tenté le sommet, mais n'était pas en état pour l'atteindre sans doute trop éprouvé par les efforts de la veille. Donc demi-tour, et il est reparti le matin suivant toujours de 7200 m, mais cette fois la forme était au rendez-vous. A la faveur d'un créneau météo, il s'est élancé le plus léger possible d'une traite pour le sommet. Le froid du mois d'octobre était déjà mordant et les dernières expéditions pliaient bagage. Le vent ne faisait qu'accentuer la lutte contre le froid et à chaque arrêt pour se ravitailler, Olaf prenait soin d'agiter mains et pieds de peur qu'ils ne gèlent. La vitesse de l'ascension était fondamentale afin de limiter autant que possible la durée d'exposition au froid et à l'hypoxie. D'un autre côté, la vitesse de montée ne fait qu'accentuer les effets délétères de la raréfaction de l'oxygène. Olaf, pas très bavard sur le sujet, a tout de même mentionné que 8000 m c'est extrême notamment quand le vent et le froid sont de la partie. Il lui a fallu 6h pour monter au sommet avec pour seule véritable difficulté technique une cheminée de granit cotée III mais d'une longueur extrêmement limitée et équipée avec corde fixe, bien sûr... Sommet plat un peu décevant et descente rapide au camp 2. Cette vitesse d'ascension du Cho Oyu est importante en regard
de la réduction des aptitudes énergétiques
sous l'effet de l'altitude qui affectent les himalayistes. Par
exemple à 7000 m il ne reste plus que 40% de la puissance
du moteur qui est normalement disponible au niveau de la mer et
seulement 20-30% à 8000 m. Une telle réduction laisserait
juste une puissance correspondant à deux fois le métabolisme
de base pour un sédentaire lambda donc même pas de
quoi se tenir debout au dessus de 8000 m! Les himalayistes ont
donc une énorme puissance à la base et surtout une
très bonne résistance aux effets délétères
de l'altitude.
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Si vous voyez un cycliste aux pieds nus, c'est normal; c'est juste un himalayiste qui redescend d'un sommet
Sa vitesse d'ascension est certainement en rapport avec sa longue acclimatation à l'effort intense en haute altitude. En particulier Olaf ne semble pas avoir présenté de signe de mal des montagnes car il n'a même pas souffert de mal de tête. L'acclimatation d'Olaf est un peu particulière car il s'agit d'une acclimatation préalable à l'atteinte des pentes himalayennes. Il a gravi une dizaine de sommets de 5000 à 6500 m dans la Cordillère des Andes cet été en compagnie de Marianne pour la plus part des ascensions. Avant le Cho Oyu, il a effectué quelques piqûres de rappel en quelque sorte puisqu'il a pédalé pendant un bon mois au Tibet jusqu'à des altitudes de 5 000 m. Il a atteint l'Himalaya à la force de la pédale. La partie finale en vélo a été particulièrement dure car il avait une charge de 40 kg à trimbaler avec des cols à 5000 m. Nous n'avons pas eu le détail mais nous supposons qu'il a dû s'accrocher à la benne de camion qui montait dans les cols pour réussir à passer sans trop s'éreinter. Il nous racontera cela plus tard.
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